Une pagode du XVIIIe siècle à quelques encablures de Paris

Promenade du dimanche : en un saut de RER 

S’il fait beau dimanche prochain et que vous n’avez pas d’idée pour sortir vous promener alors cap au nord de la capitale. A 40 minutes de RER depuis la gare du Nord vous changerez à coup sûr d’air et peut-être serez-vous transporté dans le monde curieux du XVIIIe siècle.

Ce ne sera pas d’ailleurs le seul objectif de cette sortie car vous pourrez manger sur les bords de l’Oise délicieux endroit quand le soleil est bon ou même déjeuner dans un étonnant restaurant coréen (le Moranbong) de bonne tenue et totalement inattendu. Et si vous aimez randonner vous pourrez aussi vous faire une longue journée de marche en ajoutant à ce tour de pagode un tour vers le Polissoir de Parmain ou dans la forêt de l’Isle Adam aux superbes arbres.

La Pagode

Car il y a bien une pagode à l’Isle Adam. Elle trône aujourd’hui dans un parc municipal un peu étriqué mais l’architecture asiatique est bien là et ravissante dans ses belles couleurs flashantes. Pour vous y rendre il faudra marcher à travers la ville environ 20 minutes (consulter la carte IGN n° 2313 OT pour tous les conseils de promenade évoqués dans cet article)

Mais comment se trouve-t-elle ici ? édifiée entre 1781 et 1785 sur un domaine récemment acquis par Pierre-Jacques Bergeret qui désirait façonner un parc à l’anglaise avec des fabriques (lien wikipedia sur les fabriques) dont une qui s’inspire d’une construction asiatisante alors à la mode, elle servait également de fontaine  et de régulation à l’étang qui la surplombait (ce qui l’a probablement préservée de la destruction).

Rare exemple subsistant en France des pavillons chinois en vogue au XVIIIe siècle elle mérite le détour pour son architecture et son état que l’on pourrait qualifier de quasi neuf du fait des deux campagnes de restauration dont il a bénéficié dans les années 1970 et autour de 2007.

Bonne promenade et à bientôt pour de nouveaux conseils de parcours autour de L’Isle Adam.

Sources :

  • Photos de l’auteur
  • Texte issu d’une belle plaque émaillée à destination des curieux présente dans le parc où se trouve la pagode.
  • Article de fabrique à consulter sur Wikipedia

Les mystères de la Défense (suite)

Un monstre dans les sous-sols

Lorsque l’on emprunte le bon escalier, au pied de la tour Ariane, et que l’on descend vers le niveau où circulent les voitures et les deux roues, on tombe nez à nez avec une plaque qui rappelle étrangement celles du métro.

Sur celle-ci l’inscription Moretti, surmontant une porte fermée, rappelle que derrière, encore plus bas sous les dalles, au niveau des fondations des tours, se trouve la sculpture que cet artiste (peintre et sculpteur) a réalisée en continu depuis 1965.

Baptisée par Joseph Kessel le monstre, il s’agit d’un assemblage hétéroclite de matériaux de couleurs et de formes. Dans ce repli du quartier d’affaires se nichent tous ces éléments patiemment assemblés. Sur plus de 1000 m2 avec une hauteur sous plafond équivalente à 5 étages le monstre à toute la place et fait jusqu’à 30 mètres de long. Né à Nice, il a été exposé aux Halles en 1971, avant d’être transporté jusqu’à la Défense en 1973.

Depuis cette date et jusqu’à la mort de son créateur en 2005 il n’a cessé de grandir tout comme le quartier qui l’entoure mais il n’a plus bougé. Pour le moment inaccessible aux visites, pour « des raisons de sécurité », il demeure endormi, même si l’on se souvient parfois de lui comme lorsque le musée d’Abu Dhabi avait envisagé de l’acquérir.

Peintre niçois né en 1931, Raymond Moretti a connu une carrière marquée par de nombreuses rencontres artistiques (Cocteau, Pablo Picasso…) et des réalisations sous des formes d’expressions nombreuses : fresques, peinture, sculpture, décoration et illustration pour ne citer que les principales. Il aimait travailler par séries, on trouvera par exemple les Cris du monde (Tel Aviv) consacrée à l’holocauste ou l’histoire de Toulouse en 29 tableaux (visible à Toulouse).

Si le Monstre n’est toujours pas accessible, on pourra cependant se consoler en parcourant le parvis et trouver cette bouche d’aération qu’il a réalisée dans ce quartier qui le passionnait et où il a vécu.

Sources :

Grands projets inaboutis de la capitale

Saint Eustache et sa « place royale »

Et si l’on avait mené ce projet, ou cette idée, jusqu’au bout… voici une remarque à laquelle on songe souvent lorsque l’on pense à Paris. Si, il y avait six tours à Carrefour Pleyel et non une (qui va bientôt disparaître du reste), si le Marais avait été rasé pour construire un quartier ultra-moderne comme Beaugrenelle, si les Tuileries n’avaient pas brûlées, si la maison de Beaumarchais était toujours debout, si l’on avait dévié la Seine pour faire une autoroute dans son lit etc. etc.

Aujourd’hui ce ne sera pas à une disparition à laquelle on va s’intéresser mais à un projet non réalisé : celui de la place Saint Eustache. Ne cherchez pas ! elle n’existe pas vraiment à Paris… à moins de considérer l’espace qui se trouve devant sa façade, petit triangle coincé entre le Pied de Cochon les Halles et une voie qui s’enfonce sous terre, en tant que place. Or ce n’est pas vraiment une place et d’ailleurs personne ne sait dire ou se trouve véritablement l’entrée de cette église.

C’est pourtant bien là qu’aurait dû se trouver un espace présentant tous les caractères d’une place royale et toute l’harmonie (certains diront l’ennui) d’une architecture classique. Mais ici point de place ni de projet sans église, car la paroisse Saint Eustache qui existait depuis le Moyen Âge cherchait à se doter d’une nouvelle façade. Nous sommes au XVIIIe siècle (en gros sous les règnes de Louis XV et XVI) et c’est à ce moment que Mansart projette l’idée suivante pour la place : une façade classique pour Saint Eustache et un espace qui résonne à l’unisson de cette nouvelle entrée magistrale.

L’ordonnancement rappelle quelque peu certaines places italiennes et n’aurait pas manqué d’aérer l’espace grouillant d’activités des Halles voisines.

Faisons ici un petit rappel sur les places royales évoquées plus haut. Tout au long de l’histoire de Paris (mais pas seulement Paris) une série de places furent édifiées par les monarques et souvent dotées de leurs statues en leur centre. On pourra bien évidement penser à la place des Vosges, à la place Vendôme, la place Dauphine  ou bien encore la place de la Concorde. Il s’agissait pour les monarques d’organiser et d’urbaniser la ville et de poser une marque tangible de leur règne dans l’espace urbain.

Mais à Saint Eustache il n’en allât pas ainsi et la façade seule de l’église fut entreprise puis bientôt abandonnée pour ne jamais être vraiment terminée. Voici entre autres pourquoi celle-ci est toujours en travaux et que l’on ne sait jamais par où entrer dans cet édifice.

Pour tout savoir sur les raisons qui compliquèrent l’édification de l’église Saint-Eustache nous vous conseillons la lecture de l’article de Sophie Descat.

La façade ne s’édifiant pas, l’idée de place royale resta lettre morte et rejoignit la longue série des projets inaboutis de Paris.

Sources – textes et images

  • Sophie Descat, Les travaux de Pierre-Louis Moreau pour la fabrique Saint-Eustache dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Bulletin monumental, 1997, pp. 207-230.
  • Jacques de Sacy, Le quartier des halles, Ed. Le temps, 1969.
  • Gravure ex. Jacques de Sacy voir supra.
  • Photo de l’auteur.

Les mystères de la Défense

Une cathédrale souterraine

Il existe, sous la dalle de la Défense, entre l’autoroute et la station de RER un espace, vide et immense, que quelques rares initiées nomment « la cathédrale ».

Cet espace de 5000 m2, constitué de piliers de bétons bruts, devait à l’origine accueillir une station de métro de la ligne 1. Pensé lors de la construction de la dalle et de l’installation des différentes tours de la Défense il n’a finalement été relié à rien et demeure, pour le moment, inusité.

Lors du prolongement de la ligne 1, en 1992, les ingénieurs chargés du chantier préférèrent en effet passer sur le pont de Neuilly, puis juste sous la dalle du quartier d’affaires plutôt que sous la Seine et profondément sous terre. Résultat : l’espace prévu pour accueillir la nouvelle station n’avait plus aucun usage à court et à moyen terme.

Il n’était cependant pas oublié de tous et lors des travaux de réflexion autour du Grand Paris il est revenu sur le devant de la scène. Il pourrait ainsi accueillir l’une des stations du Grand Paris Express qui doit relier Nanterre à Saint Denis vers 2027…

Cet espace spectaculaire n’est malheureusement plus visible et les visites qui ont eu lieu en 2007 n’ont pas été poursuivies, tout comme celles qui avaient pour but la gigantesque œuvre d’art qui sommeille dans les entrailles de béton de ce millefeuille urbain, j’ai nommé le monstre de Moretti.

Espérons que ces 2 curiosités soient à nouveau accessibles ce qui rendrait ce quartier bien souvent critiqué sans doute plus attractif.

Mademoiselle Berthelot : retour en arrière et 3 images

Une série pour les droits de la femme qui parle d’elle-même

Une odeur et un sentiment de légèreté dans le street art, souvent appliqué à se regarder et à reproduire les mêmes codes (même si parfois avec une impressionnante technicité), parcourt le travail de Mlle Berthelot.

Il évoque (sur les images aujourd’hui sélectionnées) une époque où les femmes des années 50 connaissaient une condition souvent peu tendre à leur égard et durant laquelle on les cantonnait à un rôle décoratif ou maternel… du coup, les images construites par cette artiste sont-elles aussi légères et uniquement touchantes voire amusantes qu’on pourrait le penser ? On peut en douter, la touche de couleur qu’elles apportent dans un univers urbain, collé sur des murs souvent ternes sont, il est vrai, propice à la rêverie mais elles appellent également le piéton a la réflexion : sur le chemin parcouru et les droits gagnés par les femmes depuis cette époque mais, et c’est sans doute le plus important, à ce qu’il reste encore à faire pour que tous nous soyons à une égale place dans une société qui ne le permet pas encore.

On a donc hâte de voir à nouveau refleurir les œuvres de cette artiste sur nos murs ; qu’elles soient similaires ou toutes autres, pas de doute qu’elle nous apporteront du nouveau.

L’Insta de mademoiselle Berthelot est ici

Le FB de mademoiselle Berthelot est ici

Université et collèges de Paris au Moyen-Age

Au cœur de l’Europe ?

Bien avant la fondation de l’Europe actuelle (1958 pour ceux qui l’aurait oublié) mais bien après la chute de l’Empire romain (476) ou celle de l’empire Carolingien qui avaient pu porter l’idée d’une communauté intellectuelle à travers l’Europe ; Paris a été un centre intellectuel rayonnant qui a attiré des étudiants venant de toutes parts. Lire la suite

Une exposition Poulbot permanente et gratuite – sans guide ni guichet

Ouverte à tous – au 43 bis rue Damrémont

 

Outre le fait d’être le lieu de naissance de l’illustre et équivoque André Malraux, la rue Damrémont, dans le XVIIIe arrondissement, accueille un petit bijou des arts décoratifs généralement ignoré. Cette merveille, que chaque parisien devrait venir admirer au moins une fois dans sa vie, est une fresque de faïences signée PoulbotLire la suite