Les mystères de la Défense

Une cathédrale souterraine

Il existe, sous la dalle de la Défense, entre l’autoroute et la station de RER un espace, vide et immense, que quelques rares initiées nomment « la cathédrale ».

Cet espace de 5000 m2, constitué de piliers de bétons bruts, devait à l’origine accueillir une station de métro de la ligne 1. Pensé lors de la construction de la dalle et de l’installation des différentes tours de la Défense il n’a finalement été relié à rien et demeure, pour le moment, inusité.

Lors du prolongement de la ligne 1, en 1992, les ingénieurs chargés du chantier préférèrent en effet passer sur le pont de Neuilly, puis juste sous la dalle du quartier d’affaires plutôt que sous la Seine et profondément sous terre. Résultat : l’espace prévu pour accueillir la nouvelle station n’avait plus aucun usage à court et à moyen terme.

Il n’était cependant pas oublié de tous et lors des travaux de réflexion autour du Grand Paris il est revenu sur le devant de la scène. Il pourrait ainsi accueillir l’une des stations du Grand Paris Express qui doit relier Nanterre à Saint Denis vers 2027…

Cet espace spectaculaire n’est malheureusement plus visible et les visites qui ont eu lieu en 2007 n’ont pas été poursuivies, tout comme celles qui avaient pour but la gigantesque œuvre d’art qui sommeille dans les entrailles de béton de ce millefeuille urbain, j’ai nommé le monstre de Moretti.

Espérons que ces 2 curiosités soient à nouveau accessibles ce qui rendrait ce quartier bien souvent critiqué sans doute plus attractif.

Université et collèges de Paris au Moyen-Age

Au cœur de l’Europe ?

Bien avant la fondation de l’Europe actuelle (1958 pour ceux qui l’aurait oublié) mais bien après la chute de l’Empire romain (476) ou celle de l’empire Carolingien qui avaient pu porter l’idée d’une communauté intellectuelle à travers l’Europe ; Paris a été un centre intellectuel rayonnant qui a attiré des étudiants venant de toutes parts. Lire la suite

Avant-après – Le Gaumont Palace – salle mythique de cinéma devenue le Casto de place Clichy

Lorsque l’on remonte depuis la place Clichy en direction du pont aux croisées métalliques qui surplombe le cimetière Montmartre, on passe immanquablement devant le Castorama du quartier. Édifice quelconque, qui ne brille pas par son audace, il présente un exemple de ce qui s’est beaucoup fait dans les années 70 : un bâtiment plutôt laid, qui ne laisse aucun souvenir. La preuve par l’image ci-dessous.

aujourd'hui

Pourtant c’est à cet endroit même, que l’on trouvait une gigantesque salle de spectacle, puis de cinéma : le Gaumont Palace. Si l’on remonte dans le temps et plus précisément à l’orée du XXe siècle c’est la salle de spectacle que l’on trouve en premier lieu. L’Hippo-Palace, car tel était son nom, venait tout juste d’être édifié et il méritait son nom de palace par sa taille et son ambition. Édifiée sur une zone de jardins, inaugurée à l’occasion de l’exposition universelle de 1900, cette salle pouvait contenir jusqu’à 8 000 spectateurs et son arène mesurait 57 mètres sur 35. Elle se  transformait sur commande en cirque, en piscine, ou en salle de cinéma (ceci dès 1906 alors que le 7e art était tout jeune). On jugera du mastodonte en jetant un œil sur la photo ci-dessous qui dit beaucoup de la taille et de la magnificence du lieu. Les anecdotes illustrant la vie de cette salle sont nombreuses ; on évoquera ici le spectacle de Buffalo Bill qui s’y tint, les fauves dressés qui s’y produisirent, la venue de lutteurs russes célèbre et jusqu’à un maître japonais du jujitsu qui fit le déplacement depuis le pays du soleil levant.

hippo palace

Mais les spectacles avaient fait leur temps et en 1910 ce qui attirait les foules c’était le cinématographe. Léon Gaumont, pionnier du cinéma français, acheta l’endroit, le transforma en une salle de 3400 places (portée à 6000 en 1930). Le cinéma y était roi mais l’on pouvait également assister à des spectacles de chorales, y écouter des orchestres symphoniques ainsi que diverses autres attractions. En 1930 une nouvelle façade fut dessinée et édifiée par l’architecte Henri Belloc dans le style Art Déco, le Gaumont Palace vivait avec son temps ; la coupole disparaissait et à sa place des volumes géométriques aux balcons filants vinrent rythmer la place pour des années.

gaumont palace

Monument du cinéma parisien, l’immense salle continua à diffuser des films jusqu’à sa destruction en 1973. À la pointe technologique, il avait longtemps accompagné les nombreuses innovations que connut le cinéma durant le XXe siècle. Aujourd’hui il ne reste plus rien de l’endroit et l’on se plait à rêver qu’un tel bâtiment ait été conservé… si tel avait été le cas, voici ce que l’on verrait aujourd’hui :

si rien n'avait changé

Plus rien du Gaumont-Palace ?… ce n’est pas si sûr, car pour ceux qui auraient la chance de se rendre dans le pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne on pourra y voir l’orgue fameux qui faisait résonner l’immense cinéma. Orgue anglais construit en 1930 pour accompagner les films muets, il demeura, à l’avènement du parlant, une attraction des entractes car il restituait des bruits aussi divers que ceux des trains, des avions ou même les pépiements d’oiseaux.

 

Les détails de cet article proviennent de :

  • Article Gaumont Palace, in Dictionnaire des lieux à Montmartre, Editions A. Roussard, 2001.
  • Le guide du promeneur 18e, Danielle Chadych, Dominique Leborgne, Parigramme, 1996 réédition 2001.
  • Photos actuelles de l’auteur.