Détails de la ville – Cariatides

Histoire des cariatides

Très présentes dans l’architecture parisienne, en particulier sous le second empire et dans le Paris haussmannien, les cariatides ont une origine et un sens à présent presque oubliés.

Les Grecs eurent pour désigner de semblables statues, deux autres mots, atlantes et telamones, qui formés de deux verbes signifiant porter, supporter, indiquent de la façon la plus précise la destination et l’emploi de ces statues (…) en France le mot de cariatide est le seul que l’usage ait consacré à ce genre particulier de colonne formées par des figures, de quelque nature ou sexe qu’elles soient. Pour Quatremère l’origine des cariatides vient d’une cité grecque (Carie) vaincue dont les femmes furent représentées en effigies de la servitude. Elles étaient en effet représentées sur des bâtiments où elles supportaient des éléments d’architecture.

Ce type de représentation était appelé à avoir une belle postérité et fut très employé ailleurs qu’en Grèce durant l’Antiquité. À Paris, on en trouve au Louvre où Jean Goujon en sculpte vers 1550 pour une tribune destiné à des musiciens. Leur nombre ne devient cependant très important que dans la 2nde moitié du XIXe siècle. Durant cette période, tout immeuble de « standing » doit avoir ces cariatides et l’esprit éclectique de l’époque aidant, elles prirent une grande variété de formes (figure entières, bustes, encadrant les portes cochères ou les balcons).

Pour résumer

  • Les cariatides sont des statues-colonnes représentées sous une forme féminine,
  • D’autres statues-colonnes existent comme les atlantes et les telamones,
  • À l’origine leur emploi revêtait une notion politique et symbolique liée à la domination,
  • L’exemple le plus célèbre de cariatides antiques est probablement celui du Parthénon
  • À Paris l’âge d’or des cariatides se situe du Second Empire jusqu’au début du XXe siècle (ces statues y sont alors majoritairement décoratives).

Notes

 

  • Quatremère de Quincy M., Dictionnaire historique d’architecture, tome 1er, page 314, art. Caryatides 1832, Paris.
  • Daviler A.C., Dictionnaire d’architecture, 1730, La Haye.
  • Mignot C., Grammaire des immeubles parisiens, Six siècles de façades du Moyen Age à nos jours, Parigramme, 2015, Paris.
  • Photos de l’auteur prises à Paris.

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