Un serpent qui se mord la queue sur vos portes… juste pour la déco ?

Un symbole qui pourrait bien être l’ouroboros

Encore un symbole devant lequel on passe sans un regard, ou que l’on imagine posé là pour faire joli, pour le plaisir de voir un serpent qui se mord la queue en un cercle parfait. Pourtant ce symbole qui tombe sous la main dans une poignée de porte ou un heurtoir lorsque vous poussez le battant d’une antique porte cochère de vieilles demeures parisiennes pourrait bien être plus que cela.

En premier lieu, peut-on supposer qu’il est là par hasard ? comme les détails que certains jugent incongrus dans un tableau (une mouche bizarrement placée sur une toile de la Renaissance par exemple) ? est-ce concevable ? non il n’y a pas plus de détails incongrus dans les peintures (comment imaginer qu’un/e peintre prenne le temps d’esquisser puis de peindre un détail inutile) que le symbole qui nous occupe aujourd’hui.

Sans être le plus présent des symboles ornant les rues de Paris, moins que le lion, que les tournesols  les cariatides, le serpent n’en est pas moins très fréquent mais sous différentes formes. Il peut être associé à d’autres symboles comme le lion ci-dessous ou dans les caducées qui sont particulièrement fréquents sur les façades des établissements commerciaux auxquels ils devaient apporter la prospérité. A chaque fois leur signification va varier pour exprimer et représenter des choses très différentes.  

Mais alors que fait ce serpent qui seul en un mouvement se mord la réalisant un cercle bien utile pour qui souhaitait en faire une poignée ou un heurtoir ? L’une des significations, j’espère la plus probable, pourrait être la représentation d’un ouroboros.

Symbole présent depuis l’antiquité et remis au gout du jour à partir de la Renaissance le cercle qu’il réalise recouvre un certain nombre de notions liées au Temps. Il peut s’agir de l’éternité, de l’année qui fait sa révolution ou bien encore l’éternel et bien d’autres encore dans de multiples traditions anciennes (chinoises, égyptiennes, phéniciennes etc.). Alors pourquoi se trouvait-il là ? sur le seuil des demeures ? faire songer le visiteur au caractère fugace de l’existence ? protéger les maisons des temps mauvais ? rappeler que tout n’est que recommencement… autant de pistes sur lesquelles nous ne trancherons pas aujourd’hui.

Sources

  • Photos de l’auteur.
  • Guy de Tervarent, Attributs et symboles dans l’art profane, Droz, Genève, 1997.
  • Article de Wikipédia sur l’Ouroboros : consulter l’article.

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